samedi 30 janvier 2010

Trouvé par hasard...



Un joli montage fait à partir de la fin du film "2001, l'odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick. La musique originale était de Gyorgyo Ligeti, un compositeur à caractère déjà assez expérimental. Pour ce nouveau remix, l'effet est assez planant alors que l'effet de la musique originale crée plutôt une angoisse diffuse et ténue. Mais cette composition ne dénature pas, à mes yeux, le contenu des images.

mardi 24 mars 2009

Travaux photos: l'envers du décor






























Travaux photos: identité et vacuité
















Travaux photos: glamour war














lundi 15 décembre 2008

Globalia


Dans le cadre de notre fanzine sur la science-fiction, j'ai décidé de faire une tentative de critique littéraire d'un roman qui m'a tenu à coeur et dont le titre est Globalia. Ce roman écrit par Jean-Christophe Ruffin et paru en 2004 se situe dans la grande lignée des romans d'anticipation qui ont irrigué toute la littétature du XXème siècle avec des noms devenus illustres tels que 1984 de Georges Orwell et Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley

D'après l'auteur, Jean-Christphe Ruffin, Globalia se veut une réactualisation de 1984 par rapport à la globalisation actuelle. Cette démarche a sa légitimité car, bien que Georges Orwell avait cerné des traits patents de la moderniré tels que le contrôle de l'information, la vidéosurveillance, 1984 nous donne aujourd'hui l'impression de dater un peu et de décrire un système plus proche de l'URSS que de notre époque contemporaine. Cette démarche est d'autant plus salutaire que Globalia est une véritable réussite, à tel point que l'on se demande en lisant si l'on à affaire à une société inventée ou bien à la nôtre pour bientôt.

Globalia a tous les atouts d'une utopie idéle: sans arme, végétarienne et très écologiste. Les globaliens vivent dans une sorte de bulle géante, constamment acclimaté par des technologiques qui donnent un beau temps permanent. Cette société semble ne pas avoit de frontière en ce sens que toutes les bulles présentes se ressemblent les unes aux autres. Les globaliens vivent tous apparemment dans la prospérité et contrairement à beaucoup de romans d'anticipation, la liberté d'expression y est totale; Les journalistes sont là pour faire leur travail, il y a tous les services de police et de santé nécéssaire à une société équilibré; Enfin, les moeurs y sont plutôt libre, l'hédonisme constituant une valeur prépondérante. Le mariage est devenue une valeur rare et les divorces se sont aussi librement qu'à Las Vegas. Il est même possible de faire du trekking dans les zones les plus arides pour se donner des sensations fortes pour ceux qui considéreraient Globalia comme trop asceptisé.


Seulement voilà, notre personnage principal, Baikal, ne se sent pas à son aise sans pour autant savoir pourquoi... Sa petite amie d'ailleurs ne le comprend pas car tout est possible à Globalia et qui voudrait d'une autre société comme celle-là. Mais Baikal a des ambitions qui touchent l'un des rares tabous de la société Globalienne: il veut étudier l'histoire! Car n'est-ce pas suspect que de vouloir étudier des société qui ne peuvent être que barbares par rapport à la sienne??? Les musées globaliens sont d'ailleurs là pour montrer à quel point nos sociétés furent minés par l'insécurité, le port d'armes sans discernement, la paupérisation ect... Il faut dire d'ailleurs que cette société n'est pas toujours rose: elle est gangrenné par toutes sortes d'attentats terroristes venant de l'extérieur minant le quotidien tranquille des habitants... Tout événement d'ailleurs est instantanément retranscrit sur les écrans plasma qui constitue une source importante d'information, les livres et les traces écrites ayant disparus par esprit de facilité.

L'un des autres points les plus sensibles de Globalia, c'est son rapport avec les jeunes: en effet, cette utopie se révèle n'être fait essentiellement pour des vieux mais qui aspirent à rester éternellement jeune. Puisque la liberté et la jouissance prévaut à Globalia, il y a peu de famille nombreuse et les personnes se ont une espérance de vie pouvant dépasser les 120 ans et toute la chirurgie esthétique la plus high-tech est à leur portée. Les jeunes vivent donc moins facilement que les personnes âgées et la jeunesse n'est pas considéré comme une valeure sûre dans l'imaginaire collectif...


Baikal se retrouve de l'autre côté du miroir et découvre la vérité avec un mélange de surprise et d'effroi. Ce que l'on appelle finalement des terroristes ne sont rien d'autre que des nomades refusant cette société si belle. Ce qu'il voit, ce n'est ni plus ni moins que les vestiges de l'ancienne société que Globalia rejette. Mais pire encore, Baikal découvre les vraies méthodes de sa citée et qui s'apparentent à la technique de la carotte et du baton: Globalia bombarde ces populations discidentes avec leur vaisseaux puis viennent quelques minutes plus tard les ravitailler en nourriture, une skyzophrénie rappelant étrangement l'attitude de l'armée américaine en Afghanistant, oscillant entre violation continue des droits de l'homme et ravitaillement. Globalia dévoile ainsi les rouages intimes de son fonctionnement: elle a besoin d'un ennemi pour exister.

Jean-Christophe Ruffin raconte l'histoire d'une société futuriste qui pourrait bien être la nôtre. Mais la dimension provocatrice du roman réside peut-être dans ce qui le singularise de la plupart des romans d'anticipation. En effet, ceux-ci dressent souvent un portrait de la société ou sont poussés jusqu'à leur extrême des valeurs classées plutôt à droite: la puissance de bras armée, la vidéosurveillance, l'emprise du pouvoir sur les mass-médias. Alors que la puissance de Globalia réside dans le fait de placer la population dans une sorte de contentement béat en ayant poussé jusqu'à son extrême un certain nombre valeurs classées plutôt à gauche: écologie, liberté individuelle, liberté dans la famille ect... En somme, Globalia serait une sorte de paradis oligarchique dirigé par et pour les bobos!

Toutes les dimensions d'un bon roman sont bien dosés: une histoire haletante, un cadre pertinemment bien défini, des personnages intéressants et une belle histoire d'amour au milieu de tout ça. Le roman permet d'ouvrir, à mes yeux, d'ouvrir un des pistes de réflexion sur des sujets très différents tels que l'apport contradictoire de mai 68, qui a décloisonné un certain nombre des rigidités mais qui a en partie été également une génération qui a dévoré ses propres enfants, sur l'impérieux besoin des sociétés post-modernes à se doper économiquement par un abondant arsennal militaro-industriel à vendre sur la planète, et enfin sur le développement effrenné des "gated community" (guettos pour riches) à travers les capitales du monde (Villa Montmorency, Manhattan Village, la Zona de Mexico ect...) depuis le XIXème siècle et plus particulièrement depuis les années 70...

Pour finir, Globalia sonne étrangement avec les réflexions de Miclael Gamma, anthropologue et auteur de "rencontres au sommet" qui a enquêté pendant plusieurs années sur le fonctionnement interne d'institutions jugées opaques tels que le groupe Builderberg ou la trilatérale (qui font les choux gras des théories conspirationistes sur Internet...). Ses investigations lui ont finalement montré que l'essence de ces institutions de pouvoir est l'intégration de la dissidence comme mode de domination: les élites qui se fréquentent à Builderberg et à la Trilatérale seraient ravis d'inviter José Bové à leur réunion car les modes de domination du monde contemporain ne peuvent perdurer que par l"assimilation de ce qui lui est étranger. Et c'est cette assimilation qui permet l'une des formes les plus subtiles de contrôle: la fabrique du consentement.

mardi 18 novembre 2008

Sketch des robins des bois: l'expo d'art

Je ne sais pas si vous connaissez les robins des bois, c'etait une troupe de théâtre absolument géniale qui s'est fait découverte sur Comédie, une chaîne du câble fondé par Dominique Farugia, un ancien des nuls. Ils ont ensuite poursuivis leur aventure sur canal +; Je les ai moins suivi mais l'ensemble était moins drôle, il y avait comme une impression de redite... Mais j'ai été un gros fan de leur période "comédie" et la fin de leur troupe m'a attristé...

Voici un sketch de Marcel et Dédé qui débarquent à l'improviste dans une expo d'art, ça décoiffe (il y a un gros décalage de son par contre...):

jeudi 13 novembre 2008

The Visitor



Ce film sorti récemment au Chapeau Rouge (salle d'art et d'essai à Quimper) m'a beaucoup marqué. Le titre est déjà évocateur, le visiteur. Cela peut sonner comme une visite impromptu d'un inconnu qui vous dérange au moment ou ne voulez voir personne ou parceque vous êtes occupés à quelque chose. Mais dans ce cas ici, ce sera un visiteur qui illuminera la vie d'un homme irréversiblement.



The visitor raconte l'histoire de Walter, professeur d'économie dans une université du connecticut. Sa vie est passablement ennuyeuse, d'une grande monotonie. Sa femme, pianiste anglaise, est morte et son fils vit à Londres. Son absence de contact affectif se ressent tant dans les traits de son visage que dans son rapport aux autres: il est sec, misanthrope et répète mécaniquement le même cours d'économie depuis 20 ans tout en faisant croire à son entourage qu'il s'attelle à un livre important. Mais ce n'est qu'une vaine stratégie pour mieux fuir sa vie et celle des autres....

Une conférence l'oblige à se déplacer à New-York. il en profite pour s'installer dans son 2ème logement. En arrivant chez lui, il tombe soudainement sur un couple d'immigrés clandestins, Tarek et Zainab, qui ont investis les lieux sans savoir qu'il appartenait à quelqu'un, victimes d'une escroquerie immobilière. Le contact est plutôt hostile mais Walter se résigne à les loger le temps qu'ils puissent trouver un autre endroit ou vivre dans la mégapole. Zainab, quand à elle, reste en retrait par politesse. Elle tente de survivre en vendant des bijoux qu'elle fabrique elle-même dans les marchés environnants.



Tarek, lui, semble être tout le contraire de Walter: beau gosse, talentueux, il porte en lui toute l'assurance et l'insousciance de la jeunesse... Fils d'un intellectuel Syrien assassiné, il tente sa change comme joueur de Djembé à New-York. Walter se sent rapidement attiré par cet instrument qui produit des rythmes qu'il ne connaît pas et Tarek va lui apprendre les rudiments. Ce n'est que petit à petit qu'une complicité va naître entre les 2 hommes. Walter finit par jeter ses cours de piano qu'il détestait aux orties et se consacre corps et âme au Djembé.

Les 2 hommes partagent de plus en plus leur journée par le biais de cet instrument. Mais les choses vont vite mal tourner: Tarek se faire repérer par les flics dans le métro et se fait arrêter pour être emmené en centre de détention. C'est le drame pour tout le monde, tant pour Zainab que pour Walter qui sentait une amitié naître pour une fois dans sa vie. Celui-ci se démmène pour le faire sortir, depêche un avocat. Tarek n'en peut plus de ces conditions de détention. Cela dit, l'apprentissage de Djembé se fait toujours mais par téléphone interposé. Zainab, déseperée, tente de ne pas se faire remarquer dans la ville...












Le coup de théâtre vient de la mère de Tarek qui débarque à New-York sans que personne ne s'y attende pour retrouver son fils. Elle et Zainab, qui ne connaissaient pas, vont se découvrir par le biais de Walter qui décide de la loger. Bien qu'appartenant tous à des cultures complètement différentes, l'entente se fait bien entre les 3 protagonistes. Walter la découvre petit à petit. L'inquiètude qui les anime sur le devenir de Tarek font qu'ils s'écoutent l'un et l'autre, cela les rends vrais, authentiques. Bien qu'elle et lui se rapprochent alors qu'ils ne se connaissaient pas 24H auparavant, il n'y a aucune ambiguité quant à leurs relations: ce sont 2 êtres qui s'ouvrent l'un à l'autre, poussés par l'adversité; Dans l'ensemble, les dialogues sont brefs et sobres car l'essentiel se trouve ailleurs, dans la complicité des regards et des visages...


The visitor est d'une profonde justesse ce qui, en soi, est une prouesse pour un sujet aussi sensible et aussi prompt à être traité en caricature. Il aurait été tentant pour le réalisateur de faire un film mélodramatique sur la condition des immigrés ou bien une issue de type "tout est bien qui finit bien" qui serait tout aussi maladroit... Le film reste toujours centré sur les personnages et leur humanité mais la trame de fond reste présente: celle d'une politique publique néoconservatrice qui traite arbitrairement ses immigrés au non d'une croisade opportuniste contre le terrorisme, croisade aux intêrets mlitaro-industriel dont le 11 septembre aura finalement été un très beau prétexte.

Nous ne connaîtrons vraiment la trajectoire des protagonistes mais nous savons que chacun aura tiré quelque chose de l'autre. The Visitor traite des impacts des rencontres humaines. Mais leur importance reste aussi forte que leur evanescence, ballotées dans un monde chaotique et inhospitalier.