Voici le dernier clip de Bjork, "Wanderlust", toujours aussi envoutant. Bjork est la seule artiste que je connaisse qui se renouvelle de façon étonnante sans tomber dans le recyclage...
jeudi 9 octobre 2008
mardi 7 octobre 2008
Auroville, réussite ou faillite d'une utopie?...

Pour cette rentrée 2008-2009, de nouvelles thématiques ont vu le jour, notamment, celle de "l'utopie et de la réalité". C'est dans le cadre de ce sujet qu'il m'a paru intéressant de faire un article sur une utopie, ou une tentative d'utopie, qui m'a beaucoup intéressée ces derniers temps. Cette "utopie en cours" gagnerait à être mieux connue, d'autant plus qu'elle fut en partie réalisée par des français de la période mai 68. Elle se situe en Inde, près de Pondichery et a pour nom: Auroville.
Finalement, ça peut paraître prétencieux de discerter sur une communauté dans laquelle on n'a jamais vécu. Mais je vais tenter du mieux que je peux à partir de la documentation que j'ai trouvée.
Auroville est donc une cité fondée en 1968 à partir des enseignements d'un homme du nom de Sri Aurobindo. Ce dernier fut considéré à son époque comme un sage en même temps qu'un réformateur politique. ll milita activement pour l'indépendance de l'Inde. Cette citée-communauté est censé être la concrétisation de l'unité humain, une cité ou coexisterait le spirituel et le matériel, une citée universelle, antichambre de la société future ou l'homme pourrait enfin cohabiter harmonieusement avec lui-même... Le caractère universaliste d'Auroville s'est affirmé dès sa naissance en déposant dans l'urne, au centre de la future cité, la terre de plus de 124 nations, symbole de réconciliation, d'espoir et d'unité.

A droite: Sri Aurobindo. Il fut une figure majeure du nationalisme indien dans les années 50-60. Ce n'est qu'après son désabusement de la politique et ses incarcérations successives qu'il se consacra entièrement au yoga. Il a mené une vie d'ascète pendant 25 ans pour se consacrer à son "Yoga intégral", sorte de rénnovation universaliste du yoga et qui reconsidère le lien entre l'homme et le divin
A gauche: Mira Alfassa, française et compagne de Sri Aurobindo, plus connue sous le nom de "la Mère". Elle fut la véritable initiatrice de ce projet. Elle fut également, suite à la mort de son compagnon, à l'origine de l'Ashram de Sri aurobindo d'ou serait parti Auroville et d'ou l'on recevait les enseignements du maître « Il doit exister sur terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où tous les êtres de bonne volonté sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du Monde ». Ainsi se montre dès le début le caractère hybride et multiculturel d'Auroville.

Voici une maquette d'Auroville telle qu'elle devrait être. Comme vous pouvez le constater, la forme globale évoque une galaxie qui converge vers le centre de la citée, surplombé par le Matrimandir. Chaque branche de la galaxie représente un secteur spécifique d'Auroville, des activités industrielles, artisanales ou des zones d'habitats. on peut constater avec Google Earth que cette architecture n'a pas abouti. De plus, la croissance d'Auroville est plutôt ralentie. Elle qui prévoyait d'héberger 50 000 habitants, en héberge aujourd'hui 2000...


Le Matrimandir est le centre névralgique d'Auroville. contrairement à beaucoup de temples hindous, celui d'Auroville est ouvert aux touristes. C'est l'endroit ou les Aurovilliens viennent se resourcer librement...
Il existe également tout un programme d'éducation pour les habitants aurovilliens. Les enfants deviennent ainsi polyglotte dès le plus jeune âge. Elle se veut une "éducation intégrale" qui développe toutes les dimensions de l'être. Aujourd'hui, l'enseignement s'est orienté d'une manière plus pragmatique, de sorte que ces petits Aurovilliens puissent également s'intégrer à l'extérieur.

Aujourd'hui, Auroville constitue une citée de plusieurs dizaines de nations; Tel un laboratoire d'expérimentation, elle tente de trouver des innovations et développe des projets dans divers domaines tels les énergies renouvelables, le tout dans une logique de développement durable; Tout semble possible: activité artistique, bénévolat pour la construction de nouvelles infrastructures, méditation ect...
Mais tentons maintenant de scruter auroville au-delà de sa vitrine d'exposition:
J'ai une copine dans mon entourage qui est allé régulièrement en Inde et qui a fait un bref détour par Auroville. Elle n'y est resté que brièvement mais finalement, elle n'en retient pas grand chose. De mes souvenirs, Auroville lui paraissait être une sorte de concentrés de bobos 68tards. De plus, parce qu'elle est une utopie, elle diffère de la vie quotidienne des indiens et c'est sans doute pour ça qu'elle semble ne pas être pris au sérieux par ces derniers, embourbés dans la dureté de la vie. Auroville semble comme en déphasage, mise sous une cloche...
De plus, la mère de mon meilleur amis a quelques membres de sa famille qui ont eu des liens dans le passé, non pas avec Auroville mais avec l'ashram de "la mère"; Elle a donc une certaine idée de ce qui a pu se passer, notamment du conflit qui s'est tramé entre l'ashram et l'auroville naissante. L'ashram souhaitait avoir un rôle dans l'orientation de l'auroville future mais l'endroit s'est finalement autonomisé.
La plupart des blogs que j'ai visité ont donné une vision d'Auroville mitigée... Des bruits courent que des enfants élevés à l'aurovillienne depuis la naissance se droguent. De plus, les indiens qui vivant dans la région n'apprécient pas l'endroit car ils semblent être utilisés par les aurovilliens comme la sous-traitants, autrement dit, pour effectuer les tâches ingrates. Ainsi s'opérerait subrepticement une sorte de nouvelle hiérarchie entre des occidentaux pratiquant le coucouning et les indigènes qui triment...
Côté spirituel, Auroville semble une sorte de zone new-age assez fatra ou chacun fait un peu ce qu'il a envie; Le matrimandir est là pour que chacun, s'il le souhaite se ressource dans un espace silencieux; Des cours de yoga, de Tai-chi, des pratiques artistiques ainsi que des massages sont proposés mais l'ensemble fait finalement assez "club med". Et pour survivre, la citée doit vendre beaucoup de camelotes de toutes sortes ce qui ternit le côté "spirituel" de la chose.
Au pire, Auroville se révèle aux premiers abords être une sorte de village-vacance surrané, un no man's land pour occidentaux en mal d'exotisme. Cela ne fait finalement de mal à personne mais peut-on dire que c'est une utopie si on retrouve les mêmes dérives qu'ailleurs. D'autres parlent d'une véritable omerta sur certaines pratiques qui existent à auroville, notamment du point de vue immobilier.
On se retrouve donc face à un dillème:
- Si l'on veut construire une utopie sur des fondations solides comme le phalanstère, il semble nécéssaire de pouvoir se retrancher de la réalité extérieure pour mieux préserver les fruits du projet que l'on veut mener à terme. Cela pourra apparaître, aux yeux de certains, comme une forme de repli sectaire mais bâtir une utopie amène inévitablement à un déracinement de la société ambiante vers quelque chose de nouveau.
- Si l'utopie est en système ouvert, elle se retrouve alors avec des générations de nouveaux individus qui arrivent et qui se retrouvent en déphasage, parfois même en concurrence avec les premiers pionniers. Et c'est, je crois, ce qui s'est passé à Auroville. Il paraît en effet difficile de maintenir une utopie selon une ligne directrice, surtout si ce sont toutes les nations de la planète qui y participe. Et l'utopie de départ peut littéralement s'enliser suivant les désirs capricieux de chacun...
Dans le domaine utopique, il semble exister une sorte de tension entre 2 tendances: celle de vouloir changer l'homme et celle de changer son environnement. Les utopies totalitaires sont facilement tentés par le fait de refasçonner l'homme jusque dans ses fondations pour que l'individu, le parti, l'état et la vie dans son ensemble fusionnent dans une sorte de tout cohérent. D'autres démarches comme celle du Corbusier consiste à vouloir changer la vie humaine par de nouveaux rapports sociaux induits par une architecture moins individualiste et plus communautaire. Auroville semble être une sorte d'hybridation totale entre les 2 démarches à tel point que l'on ne sait plus trop ou l'on en est...
La conclusion peut sembler sévère mais il me semble que l'on a un devoir de réalisme face à des utopies aux objectifs aussi démesurés et prétencieux. Auroville, bien que cautionné et parrainé par de prestigieux organismes internationaux comme l'UNESCO, semble être fortement dépendant des capitaux européens et nord-américains; Les problèmes de financement et le manque main d'oeuvre semble expliquer l'avancée ralentie de certaines constructions ainsi que le phénomène de "sous-traitance" perçu par les indiens de Pondichery.
De plus, on trouve une foisonnante architecture allant du rudimentaire au plus baroque et qui, quelque part, témoignage du manque d'unité d'Auroville. Les riches qui s'installent et fabriquent leur fantasme urbanistique est en contradiction flagrante avec l'idéal de vie simple et harmonieuse aurovillienne. Bien qu'il n'y a pas de monnaie, il faut de fait, avoir les moyens de s'installer et cela passe par une sorte de permis probatoire ou l'on doit faire ses preuves pendant 2 ans pour la communauté



Il faut cependant reconnaître une incroyable prouesse aux pionniers aurovilliens: celle d'avoir transformé une zone désertique et aride en une immense zonne boisée par la plantation de plus de 2 millions d'arbre... Il suffit de trouver des images ça et là ou même aller sur google oearth pour constater la transformation qui s'est opéré, donnant à l'environnement aurovillien une allure de paradis tropical abritant toutes sortes d'espèces.
Auroville pose la question de la réelle pertinence d'une utopie soumise aux contingences du réel tel qu'il est. Après plus de 40 ans d'existence, il est raisonnable d'en tirer un bilan et de se demander ce que l'on peut tirer d'utopies de ce genre. Le projet originel semble de plus en plus lointain et les habitants s'activent, comme dans une fuite en avant, sans savoir ce que cela donnera...
Mais finalement, combien d'utopies faudra-t-il à l'humanité pour se rendre compte que nombre de solutions ne se trouve peut-être pas à l'extérieur de nous-même. Si la réalité est à l'image de la caverne de Platon, un voile d'illusions, les utopies ne seraient-elle pas des illusions supplémentaire, dont l'evanescence risquerait de rendre l'humain encore plus désabusé qu'il ne l'est déjà? Ne faudrait-il pas fondamentalement, comme le dit Matthieu Ricard, commencer d'abord par se transformer soi-même, là ou on est, pour pouvoir transformer le monde ???
vendredi 30 mai 2008
animation flash
Voici ma première animation réalisé sur Flash Player CS3, un logiciel que je commence tout juste à utiliser. Bon, ce n'est évidemment pas un boulot de professionnel mais c'est mieux que rien....:
mardi 27 mai 2008
l'Elephant Art

Je savais qu'il existait des animaux qui aimaient peindre comme les bonobos, les éléphants ou les chats mais ma grande surprise vient du fait qu'il existe des structures pour les apprendre à peindre; Cela s'appelle "the Asian Elephant art and conservation project"; Elle fut crée en 1998 par 2 artistes conceptuels russes Vitaly Komar et Alex Melamid, aujourd'hui installés aux USA. Pour assurer le financement de leur structure, le duo eut l'idée de peindre des éléphants comme cela se pratique depuis longtemps dans de nombreux zoos anglo-saxons. Cela fait maintenant plusieurs dizaines années que ces éléphants apprennent la peinture mais aussi la musique et le foot.
Les 2 protagonistes décidèrent de créer dans les années 60 le Sot Art, réponse russe au pop art, mélange étonnant de réalisme socialiste et de dadaisme. Avec l'interdiction de la déforestation en Thailande, les éléphants ne pouvaient plus être relâchés dans la nature; Depuis, une dizaine de sites se sont crées dans plusieurs pays: Thailande, Indonésie, Inde, Cambodge ect....
Si vous voulez en savoir, vous pouvez regardez toutes sortes de vidéo sur youtube à ce sujet (si vous avez la patience de regarder les 9 minutes!)
D'autre part, il y a toujours officiel de la structure qui s'occupe de ces projets:
http://www.elephantart.com/
Ces éléhants posent finalement la question de savoir s'il est possible, dorénavant, d'intégrer d'autres espèces que l'espèce humaine dans l'histoire de l'art :)
Manifeste "l'art, c'est la vie"
Depuis la rentrée 2007 circule une pétition sur Internet signé par des artistes de tout bord et dont voici le contenu; Ne connaissant pas encore le monde de l'art, je préfère pour le moment dans les débats périlleux qu'implique une tel manifeste; Il me paraît cependant essentiel de se tenir au courant:
Appel
De quoi a besoin la création pour exprimer sa vitalité, loin des carcans officiels et idéologiques ?
Nous sommes tous des engagés volontaires pleins d’énergie. L’art est notre vie. Mais, en France, l’action du ministère public qui cherchait à favoriser la vitalité créatrice des arts plastiques en désorganise désormais de plus en plus profondément le cadre naturel par ses excès :
- la normalisation et le monopole d’un certain art officiel,
- les manipulateurs masqués qui, au sein des institutions et notamment au Musée national d’art moderne, imposent une pensée unique, soumise au marché et à la mode, obsédée par l’art tendance, les accrochages big bang, et l’art spectacle,
- la centralisation abusive du pouvoir entre les mains d’un petit groupe de censeurs qui, au sein de la délégation aux Arts plastiques et du Musée national d’art moderne, dévoient l’action de ceux qui pensent et veulent agir autrement,
- la censure et le mépris que ces agents doubles du marché international imposent à la création en France au mépris de leur fonction,
- le détournement des FRAC, victimes des mêmes influences,
- l’isolement et l’exclusion dont sont victimes des fonctionnaires indépendants d’esprit et non conformes aux diktats officiels.
- les choix incohérents, inconstants, et mondains de Cultures France (ex-AFAA).
Pour exprimer sa réelle vitalité, la création en France a besoin d’être libérée de cet encadrement officiel. Sa diffusion par le ministère public doit découler naturellement de son histoire et témoigner de sa véritable diversité. Nous demandons :
- l’équité et le pluralisme des générations et des courants dans les présentations officielles de la création contemporaine en France.
- la répartition équitable des lieux d’exposition temporaires, galeries contemporaines du Centre Pompidou, galeries nationales du Grand Palais, espaces du Palais de Tokyo, et galerie du Jeu de Paume, entre les différentes générations et courants d’artistes vivant et travaillant en France.
- la création de conseils d’orientation pour garantir à la fois la pertinence, la transparence, le pluralisme et l’équité des orientations et des choix du Musée national d’Art moderne, de la délégation aux Arts plastiques, et de Cultures France.
- une participation significative des artistes à ces conseils.
- le soutien des initiatives privées par des mesures d’encouragement efficaces.
- l’enseignement artistique à l’école enfin pris en compte dans les évaluations et doté des moyens nécessaires,
- un lieu vaste et ambitieux pour montrer en permanence et sans complexes, à Paris comme à Londres, à Madrid, et à New York, toute la vitalité, la diversité, et l’originalité de l’art en France.
(1) Premiers signataires : Pat Andréa, Dominique Angel, Anne Anthony, André-Pierre Arnal, Bruno Badoux, Marielle Baldelli, Vincent Barré, Claude-Henri Bartoli, Nancy Barwell, Louis Bec, Gonzalo Belmonte, Vincent Bioulés, Jean-Claude Bohin, Jacques Bosser, François Bouillon, Mark Brusse, Myriam Bucquoit, Pierre Buraglio, Alex Burke, Florence Callot, Christian de Cambiaire, Louis Cane, Béatrice Casadesus, Hervé Castanet, Frank Chalendard, Jean-Paul Chambas, Claude Chaussard, Miguel Chevalier, Alain Clément, Claire Colin-Collin, Gérard Collin-Thiebault, Bernard Crespin, Henri Cueco, Marinette Cueco, Caroline Culand, Antoine de Bary, Anne Deguelle, Joël Desbouiges, Patrick Des Gachons, Daniel Dezeuze, Hervé Di Rosa, Cécile Doubre, Joël Ducorroy, Erro, Marie-Héléne Fabra, Pascal Fancony, Serge Fauchier, Hervé Fischer, Fabienne Gaston-Dreyfus, Paul-Armand Gette, Danielle Gibrat, Anne Gorouben, Daniel Humair, Christian Jaccard, Robert Janitz, Jean-Luc Jehan, Jacqueline de Jong, Peter Klasen, Joël Kermarrec, Alain Lambilliote, Jean Le Gac, Nathalie Leroy-Fiévée, Elizabeth Mercier, Jean-Michel Meurice, Bertrand Meyer-Himhoff, Michel Mourlot, Bernard Pagès, Jean-Luc Parant, Anne-Marie Pêcheur, Ernest Pignon-Ernest, Augustin Pineau, Pierre Pinoncelli, Anne et Patrick Poirier, Edouard Prulhière, André Raffray, Bernard Rancillac, Yves Reynier, Marcel Robelin, Guy de Rougemont, Marie Sallantin, Michel Sicard, Pascal Simonet, Pierre Skira, Vladimir Skoda, Tony Soulié, Peter Stampfli, Soizic Stokvis, Klaus Stoeber, Julien Terdiman, Jean-Paul Thibeau, Thierry Thoubert, Pierre Tual, Gérard Titus-Carmel, Vladimir Velickovic, Claude Viallat, Vuk Vidor, Jean-Louis Vila, Jan Voss, Michèle Waquant, Pierre Marie Ziegler.
Appel
De quoi a besoin la création pour exprimer sa vitalité, loin des carcans officiels et idéologiques ?
Nous sommes tous des engagés volontaires pleins d’énergie. L’art est notre vie. Mais, en France, l’action du ministère public qui cherchait à favoriser la vitalité créatrice des arts plastiques en désorganise désormais de plus en plus profondément le cadre naturel par ses excès :
- la normalisation et le monopole d’un certain art officiel,
- les manipulateurs masqués qui, au sein des institutions et notamment au Musée national d’art moderne, imposent une pensée unique, soumise au marché et à la mode, obsédée par l’art tendance, les accrochages big bang, et l’art spectacle,
- la centralisation abusive du pouvoir entre les mains d’un petit groupe de censeurs qui, au sein de la délégation aux Arts plastiques et du Musée national d’art moderne, dévoient l’action de ceux qui pensent et veulent agir autrement,
- la censure et le mépris que ces agents doubles du marché international imposent à la création en France au mépris de leur fonction,
- le détournement des FRAC, victimes des mêmes influences,
- l’isolement et l’exclusion dont sont victimes des fonctionnaires indépendants d’esprit et non conformes aux diktats officiels.
- les choix incohérents, inconstants, et mondains de Cultures France (ex-AFAA).
Pour exprimer sa réelle vitalité, la création en France a besoin d’être libérée de cet encadrement officiel. Sa diffusion par le ministère public doit découler naturellement de son histoire et témoigner de sa véritable diversité. Nous demandons :
- l’équité et le pluralisme des générations et des courants dans les présentations officielles de la création contemporaine en France.
- la répartition équitable des lieux d’exposition temporaires, galeries contemporaines du Centre Pompidou, galeries nationales du Grand Palais, espaces du Palais de Tokyo, et galerie du Jeu de Paume, entre les différentes générations et courants d’artistes vivant et travaillant en France.
- la création de conseils d’orientation pour garantir à la fois la pertinence, la transparence, le pluralisme et l’équité des orientations et des choix du Musée national d’Art moderne, de la délégation aux Arts plastiques, et de Cultures France.
- une participation significative des artistes à ces conseils.
- le soutien des initiatives privées par des mesures d’encouragement efficaces.
- l’enseignement artistique à l’école enfin pris en compte dans les évaluations et doté des moyens nécessaires,
- un lieu vaste et ambitieux pour montrer en permanence et sans complexes, à Paris comme à Londres, à Madrid, et à New York, toute la vitalité, la diversité, et l’originalité de l’art en France.
(1) Premiers signataires : Pat Andréa, Dominique Angel, Anne Anthony, André-Pierre Arnal, Bruno Badoux, Marielle Baldelli, Vincent Barré, Claude-Henri Bartoli, Nancy Barwell, Louis Bec, Gonzalo Belmonte, Vincent Bioulés, Jean-Claude Bohin, Jacques Bosser, François Bouillon, Mark Brusse, Myriam Bucquoit, Pierre Buraglio, Alex Burke, Florence Callot, Christian de Cambiaire, Louis Cane, Béatrice Casadesus, Hervé Castanet, Frank Chalendard, Jean-Paul Chambas, Claude Chaussard, Miguel Chevalier, Alain Clément, Claire Colin-Collin, Gérard Collin-Thiebault, Bernard Crespin, Henri Cueco, Marinette Cueco, Caroline Culand, Antoine de Bary, Anne Deguelle, Joël Desbouiges, Patrick Des Gachons, Daniel Dezeuze, Hervé Di Rosa, Cécile Doubre, Joël Ducorroy, Erro, Marie-Héléne Fabra, Pascal Fancony, Serge Fauchier, Hervé Fischer, Fabienne Gaston-Dreyfus, Paul-Armand Gette, Danielle Gibrat, Anne Gorouben, Daniel Humair, Christian Jaccard, Robert Janitz, Jean-Luc Jehan, Jacqueline de Jong, Peter Klasen, Joël Kermarrec, Alain Lambilliote, Jean Le Gac, Nathalie Leroy-Fiévée, Elizabeth Mercier, Jean-Michel Meurice, Bertrand Meyer-Himhoff, Michel Mourlot, Bernard Pagès, Jean-Luc Parant, Anne-Marie Pêcheur, Ernest Pignon-Ernest, Augustin Pineau, Pierre Pinoncelli, Anne et Patrick Poirier, Edouard Prulhière, André Raffray, Bernard Rancillac, Yves Reynier, Marcel Robelin, Guy de Rougemont, Marie Sallantin, Michel Sicard, Pascal Simonet, Pierre Skira, Vladimir Skoda, Tony Soulié, Peter Stampfli, Soizic Stokvis, Klaus Stoeber, Julien Terdiman, Jean-Paul Thibeau, Thierry Thoubert, Pierre Tual, Gérard Titus-Carmel, Vladimir Velickovic, Claude Viallat, Vuk Vidor, Jean-Louis Vila, Jan Voss, Michèle Waquant, Pierre Marie Ziegler.
jeudi 6 mars 2008
Exposition au musée des beaux-arts de Rennes : "la mythologie de l'ouest dans l'art américain" (du 13 février au 18 mais 2008)

Je vous incite à aller voir cette belle exposition qui retrace cette période artistique pas très connue en Europe et qui s'est étendue grosso modo des années 1830 jusqu'au début du XXème.
Le grand ouest est un territoire qui a constitué un véritable réservoir à inspiration pour les artistes qui débarquèrent sur ce que l'on appelait alors le nouveau monde. Ces paysage grandioses et brutals furent transformés en légende avant la découverte de tout le territoire. Cet art hétéroclite va de la représentation de la vie quotidienne des amerindiens à la vie des pionniers. Il y a une fascination de la part de ces artistes dans le traitement des 2 civilisations, dans les guerres comme dans les rencontres.

L'evolution de cette peinture est perceptible:
- Dans les années 1830, on trouve la tradition des illustrateurs scientifiques qui accompagnent les expéditions, le regard posé est documentaire, scientifique.
- Puis vint la nouvelle génération romantique qui offre un regard engagé sur les habitants. Les années 1840 furent marquées par les portraits d'indiens d'une grande précision ethnographique
L'ouest incarne le paysage revé, c'est la promesse d'aventure fabuleuses et d'un destin sans limite pour l'américain. La période 1860-1870 est celle des grands paysages, des cascades, des geysers, de Yellowstoe ect...

La peinture de Thomas Mohan a une visée poétique, presque religieuse. Ces paysages attirent de nouveaux voyageurs et contribuent à insuffler un nouveau romantisme à la peinture américaine. Au fil des tabeaux, on ne peux pas s'empêcher de penser que ces américains projetaient des méditations évoquant le jardin d'eden, comme s'il y avait une nostalgie d'avant la civilisation, l'espoir d'un paradis perdu
Certaines sculptures de bronzes, remarquables de part leur qualité plastique, montrent une tentative de reproduction quasi exacte, certaines plus rares font songer à une représentation d'ephebe de l'antiquité.


-Frederic Remington (1861-1909) capture la gestuelle des divers protagonistes, cowboys, militaires, colons, indiens ect... Il incarne le voyageur solitaire et appartient à une génération d'artistes illustrateurs. L'anatomie animale est parfaitement maîtrisée.
-Des artistes comme Remington, Russel contribueront à l'apogée d'une imagerie heroique et pittoresque; Le XXème siècle sera celui d'une génération d'artistes dont l'ouest sera une puissante source d'inspiration; Ce sera alors le triomphe de l'illustration et de l'exploitation des mythes à des fins publicitaires. Est primé alors l'intensité dramatique et l'extravagance des couleurs. Ces illustrations préfigurent les affiches de western.
Cet art permet de faire des constats importants: le fait par exemple que des oeuvres furent en partie réutilisés par les entrepreneurs des chemins de fer à la promotion de leur technologie à la fin du XIXème siècle; Ainsi ces artistes, bien que sincères dans leurs démarches ont en partie servis des impératifs économiques de l'Amérique naissante. On retrouve cette ambiguité du rôle de l'artiste à travers toute l'histoire, comme par exemple avec Einsenstein, à la fois désireux de représenter sa vision émancipatrice de la révolution russe et servant, de fait, un régime totalitaire. L'artiste est-il une marionette ou un jouet de l'histoire??
Il est difficile de faire des généralités, on retrouve aussi des méditations lyriques et un attrait réel pour la "spiritualité indienne", il y a des hommages aux habitants et le regard porté sur le blanc est aussi sympathique que critique. Mais il est dommage que ces illustrations aient été un carburant pour alimenter ce mythe du cowboy civilisateur qui doit se protéger de l'indien sauvage et barbare dans une partie du Western américain. Cette idéologie véhiculé par l'image fut très commode pour occulter certaines réalités inavouables que ces artistes n'ont pas forcément saisies (conditions terribles des indiens dans les réserves, distribution volontaire de couvertures contaminées à des fins d'extermination, catastrophe écologique comme la destruction du Bison)
Mais cet art américain reste un très beau voyage tant dans l'imaginaire de ces artistes émerveillés par leur découverte que dans les paysages américains, paysages qui restent encore conservés aux états-unis comme le parc de yellowstone et bien d'autres.

Pour finir, je vous montre Chateaubriand présent dans la cour du musée de Rennes, toujours aussi blasé....
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